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Saint-Ouen, le 19 août 2015

Chiffres de la sécurité routière

L'Unic, branche Éducation Routière de la FNAA,
s'alarme de la hausse des tués sur les routes !

La mortalité routière a hélas connu une forte hausse de 19,2% en juillet 2015 par rapport à juillet 2014. Le Ministre de l’Intérieur, Bernard CAZENEUVE, vient d’annoncer, que des mesures seraient prises en précisant que « le volet répressif serait renforcé » et que la prévention serait « un axe majeur ».
Pour Philippe COLOMBANI, président de l’UNIC, ces mauvais chiffres traduisent une trop faible mobilisation du Gouvernement en faveur de la sécurité routière : la répression n’est pas la seule solution et montre aujourd’hui ses limites. Seule une prévention efficace et responsable peut influer sur les comportements de chacun. Elle passe d’abord par la qualité de l’apprentissage de la conduite qui demeure le seul levier à ne pas sacrifier, alors même que les mesures récemment prises dans le cadre de la Loi MACRON vont dans le sens inverse.

Le nombre de morts sur les routes de France a augmenté de 19,2% en juillet 2015. Un total de 360 personnes ont trouvé la mort le mois dernier, soit 58 de plus qu'à la même époque en 2014. L’UNIC dénonce une faible mobilisation du Gouvernement en faveur du renforcement de la sécurité routière. A cet égard, il est alarmant de constater que le Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) ne s’est plus réuni depuis 2012 et qu’il a fallu attendre ces mauvais résultats pour le réactiver « à la sortie de l’été » comme l’a récemment promis le premier Ministre Manuel Valls. L’UNIC s’interroge en outre sur l’absence de communication vers les entreprises, alors même que la première cause de mortalité au travail reste l’accident
de la route.

Les dangers de la réforme en profondeur de l’apprentissage de la conduite, réforme issue de la récente loi MACRON et vigoureusement dénoncée par l’UNIC (voir le communiqué du 17 juillet dernier), sont un exemple flagrant du manque d’implication du gouvernement en la matière. L’UNIC avait d’ailleurs souligné les risques inhérents à cette dématérialisation de l’enseignement (remise en cause de l’exigence d’un local, ouverture d’écoles de conduite en ligne…) qui a pour seul objectif d’en faire baisser le coût. Réduite ainsi à une simple dimension consumériste, la formation initiale à la conduite ne peut à terme qu’aboutir à une dégradation de sa qualité théorique et pratique. Plus que jamais, l’UNIC demande donc une grande vigilance
de l’ensemble des acteurs dans l’adoption des textes d’application de cette réforme inadaptée aux enjeux : la sécurité routière doit redevenir une priorité nationale !

Alors même que les dernières annonces du Ministère de la Justice visant à dépénaliser la conduite sans permis ou sans assurance sont un très mauvais signal de plus notamment envers les jeunes, l’UNIC demande solennellement aux pouvoirs publics de prendre conscience que la sécurité routière s’appréhende de façon globale. Pour des routes plus sûres, des dispositions doivent être prises à chaque étape de la vie d’un automobiliste :

• un enseignement de qualité capable de garantir la pleine acquisition des bons réflexes de conduite,
• un accompagnement solide par la sécurité routière via des mesures de prévention synonymes d’un bon usage des routes,
• une véritable politique d’aménagement des voies de circulation (premier axe de prévention),
• et une répression ciblée sachant concentrer prioritairement les sanctions vers les comportements déviants.

La répression ne peut pas être le seul levier d’action. Non seulement elle montre ses limites mais elle est de moins en moins acceptée par les automobilistes. Il faut maintenant mettre en place une formation continue tout au long de la vie. Les entreprises peuvent à ce titre représenter un levier non négligeable de mobilisation par des actions sur leurs salariés, lesquels seront des relais auprès de leurs proches et de leurs
cercles de relation.

Le permis de conduire et la formation des jeunes doivent être renforcés, sans devoir se soumettre aux diktats de lobbies qui n’ont pour objectif que la baisse du prix.

Pour toutes ces raisons, L’UNIC attend du prochain Comité Interministériel de Sécurité Routière la mise en place d’une véritable politique de prévention et de formation.

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